Recherche

Petit tour d’horizon de l’accueil extrascolaire en Communauté française.

Si l’accueil extrascolaire ne peut se définir par sa forme, peut-il l’être par sa raison d’être ? Il existe deux modèles d’accueils extrascolaires. D’un côté, ceux qui répondent à un besoin ou une demande de garde : il s’agit principalement des accueils en milieu scolaire et des plaines de jeux. Ils se sont développés parce que, plus souvent qu’avant, les deux parents travaillent et/ou ont des horaires flexibles. De l’autre côté, un modèle basé sur le besoin ou la demande d’« accueil » (soutien, épanouissement) des enfants : il s’agit des Écoles de devoirs, des Centres d’expression et de créativité, des centres de loisirs… qui sont davantage présents dans les quartiers défavorisés. Ces deux types de besoins coexistent fréquemment dans un même lieu d’accueil.

Des spécificités

L’accueil extrascolaire n’est jamais totalement réductible à une fonction de garde, et est -ou devrait être- porteur d’un projet pour ou avec l’enfant. Dès lors, la terminologie « extrascolaire » n’est pas satisfaisante puisqu’elle implique que la référence est le scolaire. La dénomination « école de devoirs » induit, elle aussi, un lien fort entre ce qui se fait en classe et ce que vit l’enfant après la classe.

Les activités aussi sont variables. Parfois, il s’agit plus de surveillance que d’accueil. Souvent, un projet existe. Il peut être fondé sur le jeu ou proposer des activités structurées, créatives, sportives ou scolaires. Les objectifs sont aussi fort différents d’un milieu d’accueil à l’autre. Certains prônent l’épanouissement de l’enfant. Dans ce cas, une grande place est laissée à l’écoute et la participation des enfants. Dans d’autres, les activités sont proposées si elles ont une valeur d’apprentissage.

Au niveau des réglementations, il n’existe pas de texte légal définissant l’accueil extrascolaire. Les structures organisant l’accueil extrascolaire fonctionnent avec des subsides divers dont un seul est destiné clairement à l’accueil extrascolaire : il s’agit d’une subvention accordée par le Fonds des équipements et services collectifs à certains milieux d’accueil répondant à des conditions spécifiques.

Par ailleurs, le Code de qualité de l’accueil de l’ONE réglemente la fonction d’accueil organisée au sein de structures variées.

L’accueil extrascolaire se situe dans le temps libre des enfants. Il n’est ni un temps creux, d’attente, ni l’école après l’école. L’accueil extrascolaire est au contraire un espace temps de possibles… pour jouer, pour construire des projets, pour rêver. C’est un lieu où les enfants expérimentent la vie différemment et de façon complémentaire à la maison et à la classe.

Les milieux d’accueil ne sont donc pas là pour « remplacer » des parents absents ou démissionnaires, ni pour « remédier » à une école défaillante. Bien sûr, certains d’entre eux assurent une fonction de garde essentielle, d’autres, un soutien scolaire mais ils proposent (ou devraient proposer) aussi aux enfants des choses qu’ils ne trouvent ni à la maison, ni en classe.

Des collaborations nécessaires

Cependant les difficultés sont nombreuses et la qualité parfois problématique. La diversité de l’offre est une richesse, mais en même temps, elle nuit à la cohérence du secteur. La coordination semble donc nécessaire. Des expériences pilotes de coordination de l’extrascolaire ont été menées dans vingt-huit communes wallonnes. Vu leurs effets positifs, le Ministre de l’Enfance a lancé un appel à projet à l’ensemble des communes de la Communauté française en vue de développer une fonction de coordination communale de l’accueil en dehors des heures scolaires des enfants de 3 à 12 ans.

Des collaborations avec les enseignants seraient également bienvenues. Au niveau des accueils en milieu scolaire, des concertations entre les instituteurs et les animateurs de « garderies » sont importantes pour partager les locaux, respecter le travail de chacun (en rangeant le matériel, en le laissant libre d’accès, en établissant des règles concernant les productions des enfants etc.). Certains parents n’ont quasiment pas de contacts directs avec les instituteurs mais bien avec les animateurs. Il est donc important de penser ensemble à la façon de faire passer les messages.

A la bonne heure

Les animateurs passent du temps au sein de l’école et certains enfants passent plus de temps à la « garderie » qu’en classe. Il semble donc important que les moments d’accueil soient pensés dans le projet d’établissement et que les animateurs soient représentés au conseil de participation. D’autant plus que tous les milieux d’accueil (y compris ceux organisés dans les bâtiments scolaires) doivent se conformer au Code de qualité de l’accueil de l’ONE.

Des concertations entre instituteurs et animateurs permettraient aussi de développer des stratégies par rapport à certains enfants. Mais la discussion sur les enfants ne doit pas se faire de façon systématique. Un des intérêts de l’accueil extrascolaire est que l’enfant y joue affranchi d’étiquettes (bon ou mauvais élève, bavard, dynamique…).

L’amélioration de la qualité de l’offre extrascolaire passe donc par des collaborations avec les différents acteurs. C’est bien l’enjeu qui est au cœur de l’appel à projet proposé par la Communauté française aux communes. De plus, un projet de décret visant à structurer le secteur est actuellement en discussion avec les différents partenaires concernés (l’ONE, l’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse, l’Observatoire de l’Enfant, les associations, etc.). Gageons que ce soit à terme au bénéfice de tous les enfants et de tous les acteurs concernés par l’enfance [1].

notes:

[1L’observatoire de l’enfant a publié une série de documents sur l’accueil extrascolaire. Vous pouvez consulter le site http://www.grandirabruxelles.be ou vous procurer une liste des publications au 02/800.83.58.