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Il s’agit d’une loi universelle dans le monde social, comparable à la gravitation dans le monde physique : chaque parent espère secrètement ou non, mais for-tement, que chacun de ses enfants ait un parcours scolaire réussi qui mène, soit à l’épanouissement personnel, soit à un métier valorisant ou bien payé ou bien considéré, soit aux deux. Reste à dénicher en cours de chemin une bonne école à chaque étape du cursus.
Y a-t-il de mauvaises écoles désanimées par des enseignants autoritaires, per-vers et fainéants, déshumanisées par des élèves violents, dealers et pourris, dé-structurées par des pouvoirs organisateurs mous, incompétents et absents ? À cette question, 90 % des sondés répondent « non ». Y a-t-il des écoles meil-leures que d’autres ? 99 % des personnes interrogées répondent que « oui » ?
Qu’est-ce qui fait qu’une école est meilleure qu’une autre ? Le projet pédago-gique : 10 %. Le taux de réussite en première année du niveau d’étude supé-rieure : 10 %. L’accueil et la disponibilité du corps enseignant et éducatif : 10 %. La remédiation : 10 %. La proximité de l’école et/ou l’autonomie du jeune : 10 %. Le cadre et l’état des bâtiments : 10 %. Le public de l’école : 40 %.
Si, comme beaucoup le croient, les bonnes écoles sont celles que fréquentent les milieux socioéconomiques les plus favorisés, il suffit de permettre à tous de les fréquenter. Il faut donc organiser la mixité sociale, faire entrer dans ces bonnes écoles des élèves de milieux défavorisés qui vont en faire sortir d’autres qui intè-greront ces écoles moins bonnes. Et le tour est joué. Mais cela grince. Les privi-légiés s’accrochent au privilège de ne se retrouver qu’entre eux, les profs ne sont pas préparés à gérer la diversité et certaines écoles se vident car le transfert ne se fait que dans un sens.
Imaginez qu’on puisse mesurer les performances des élèves à l’entrée et à la sortie et qu’on calcule la valeur ajoutée par l’école, on pourrait attribuer un in-dice de progression à chaque élève et la moyenne comme indice d’école. On ré-partirait les établissements en classes d’un à vingt. Pour faire grimper leur in-dice, les écoles se disputeraient alors les élèves en difficulté qui donneraient des possibilités de marges de progrès les plus grandes.