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Réduire du temps pour en gagner : opération neutre ?

Chacun selon ses besoins

Parents et enfants ont aujourd’hui vis-à-vis de l’enseignement des aspirations spécifiques. Pondérer avec bonheur l’équation posée par les activités professionnelles et la vie familiale s’apparente parfois à un numéro d’équilibriste. Aussi quand s’ajoute un défi important, celui d’un bon départ dans les études secondaires, est-il intéressant de proposer un rythme journalier permettant de réaliser un meilleur équilibre entre formation scolaire et vie sociale et familiale.

Le pari est d’offrir aux élèves et à leurs parents un schéma novateur leur permettant d’aborder le premier degré à un rythme différencié : le leur. Une formule proche de celle des pays scandinaves mais qui a la prétention d’en éviter certains écueils.

Principes

À volume hebdomadaire d’heures de cours égal (maintien du niveau de formation), en limitant la pause déjeuner à 50 minutes, tous les cours sont groupés quatre jours par semaine avant 14 h 15. La plage horaire ainsi dégagée peut être modulée à la carte en combinant trois possibilités :
- Soit bénéficier d’une étude encadrée gratuite en groupe restreint assurée par un professeur, dans un environnement offrant l’accès à des sources d’information mais également à une aide en français, mathématiques, langues modernes ainsi qu’à une guidance méthodologique.
- Soit participer à une ou deux activités parascolaires, à un prix intéressant, auprès d’organismes réputés pour leur sérieux et leur professionnalisme.
- Soit rentrer à la maison et pouvoir effectuer son travail à domicile avant et non plus après l’activité personnelle extra-scolaire qu’on souhaite poursuivre.

L’école prend donc en charge dans ce projet et de façon gratuite tout ce qui est de son ressort (les cours) mais également l’encadrement de tout ce qui concerne l’apprentissage en dehors des heures de cours :
- Accès pendant l’étude encadrée aux livres, encyclopédies, dictionnaires de tous types, lecteurs de CD, Internet.
- Accès à des explications complémentaires dans les trois disciplines de base (remédiation).
- Accès à des conseils sur la méthode de travail (guidance).
- Accès à un environnement propice au travail.
Par des accords avec des prestataires privés, l’école permet à des enfants, qui financièrement ne pourraient y avoir accès, de suivre des activités extrascolaires de qualité dans des domaines extrêmement variés (sport, dessin, musique, nature, guitare, danse moderne et classique, peinture, arts martiaux, théâtre...). Le contrat que l’école passe avec ces organismes, le fait qu’elle contrôle le déplacement des élèves vers ces organismes et leur retour ainsi que la gestion des présences et des éventuels conflits est une garantie de contrôle du service public sur le service privé.
En fonction de ses besoins et de ses capacités, l’enfant peut ainsi entre 14 h 15 et 17 h 00 combiner trois fois par semaine une activité et son travail hors cours en bénéficiant pour celui-ci du meilleur encadrement possible.

Réactions

Enchantés du projet, les parents mettent tous l’accent sur le bien fondé de l’étude encadrée que la quasi-totalité des élèves suit au moins une fois par semaine. La qualité du parascolaire et sa diversité sont également soulignées.

Les activités extérieures à l’école permettent aux enfants de révéler des capacités qui ne sont pas nécessairement mises en valeur dans le cursus scolaire. Comme cela se fait en présence d’autres élèves, cela permet à certains de trouver une valorisation qui rejaillit inévitablement sur leur bien-être en classe.

À l’étude encadrée, certains enfants présentent des difficultés importantes dans l’organisation du travail et la concentration. L’encadrement prend vraiment tout son sens dans ce cas. Les difficultés et surtout le niveau de celles-ci sont repérées beaucoup plus tôt et peuvent donc être mieux traitées.

Enseignements [1]

Pour certains enfants, le passage de l’enseignement fondamental à l’enseignement secondaire n’est pas du tout évident. Les difficultés rencontrées sont de plusieurs types :
- Passage d’un enseignement davantage psychomoteur à un enseignement davantage verbal.
- Passage d’un apprentissage nécessitant moins de mémorisation à un apprentissage en nécessitant davantage.
- Augmentation de la complexité des opérations mentales à maitriser notamment la conceptualisation des notions.

Pour quelques rares enfants, le fossé est tellement grand qu’un suivi en dehors des compétences de l’école est nécessaire (dyslexie, dysorthographie).

Pour d’autres, l’équilibre et les ressources disponibles dans cette formule (ils reçoivent tous notamment un module de mémorisation en cours de première année) leur permettent de trouver rapidement la bonne méthode de travail pour réussir dans le secondaire.

Si l’école peut ainsi mieux tenir compte des différences au premier degré de l’enseignement secondaire, elle peut mieux accompagner l’enfant et l’aider à trouver le meilleur chemin aux deuxième et troisième degrés.

notes:

[1Après un premier trimestre de fonctionnement