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Lors d’un 1er mai, une enseignante, vieille militante à la CGE et ailleurs, partage avec les camarades, des questions sur sa place et celle de la CGE ce jour-là. 1er mai, jour des travailleurs et de leurs conquêtes, jour symbolique de droits, d’égalités pour tous conquis et encore à conquérir.

JPEGDans cette année-là, la CGE change aussi son nom afin qu’il corresponde mieux au contenu et aux modalités de son action comme mouvement socio-pédagogique. Le collectif (AG), au terme de tout un travail de (re)positionnement se prononce pour un nom nouveau : « ChanGements pour l’Égalité ». Et dans la même foulée, la participation de la CGé aux « Assises pour l’Égalité » [1], côté enseignement, accentue et vivifie le trait.
Au long des fils qui se tissent sur cette toile de fond, nait une envie : le trait « lutte pour l’égalité » (par ex. des acquis pour tous les jeunes à l’école) étant un trait typiquement de gauche, s’arrêter alors à « c’est quoi être enseignant à gauche ? »
Pour donner la possibilité à tous de répondre collectivement et personnellement à cette question, le Comité de Rédaction d’Échec à l’échec décide de proposer un weekend de travail à tout le mouvement. Il ne s’agissait pas d’aller faire des listes de grands principes ni des joutes d’idées sur la ligne juste ou le meilleur parti mais de s’ancrer d’emblée dans les réalités de terrain.

Construire et co-gîter

Consignes de travail pour un premier jour : chacun écrit ce qu’il estime être sa pratique la plus à gauche ou la moins à gauche, dans sa classe ou son école. Ensuite, on se réunit par groupes de 4-5, on pointe les divergences et convergences, on choisit, pour le lire au grand groupe, deux textes illustrant le mieux ces divergences et convergences. Et pour creuser, après mise en commun, on repart écrire en rebondissant sur le texte des autres ou en dépliant certains mots, toujours en lien avec des pratiques.
Consignes de travail pour un deuxième jour : chacun écrit ce qu’il estime être sa pratique la plus à gauche ou la moins à gauche, dans la société. Ensuite, on creuse selon les mêmes consignes que le 1er jour.
Travailler de cette façon nous a permis de (re)visiter nos pratiques, de les confronter à celles des autres et ainsi de construire, consolider, renforcer, transformer nos positionnements et à l’école et dans la société, l’un nourrissant aussi l’autre.
Partager de cette façon les trajectoires et les inventions, favorise un respect des chemins des uns et des autres, consolide des solidarités, fait ciment pour poursuivre ou remuer dans les pratiques, les analyses, les revendications, les résistances et donner de la perspective au mouvement.
Le faire en plus, dans un gite bien situé et partager le quotidien pendant trois jours et deux nuits ajoute au plaisir des coudes serrés et des envies d’avancer.

notes:

[1Brassages avec 300 personnes, à partir d’un groupe de pilotage qui a tenté de soulever une série de points à prendre en compte pour tenter de comprendre ce qui empêche la réussite, à l’école, de tous les enfants et principalement ceux des milieux populaires qui paient le plus lourd tribut des inégalités. Le tout sur l’initiative de la revue Politique qui s’adressait aux partis, syndicats, associations, citoyens soucieux d’égalité, en vue de faire des propositions au terme de 2 ans de travail. Voir également la plateforme des Assises sur l’enseignement reproduite dans ce numéro.

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