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Des dates de réunions fixées par la direction. C’est toujours le même jour de la semaine, jour où un professeur n’est jamais là. Jour qui n’arrange pas tout le monde non plus. Peu importe.

Pour construire, tisser du lien social et enseigner, il faut être plusieurs.

Heureusement, parfois la direction a un empêchement le jour dit, la date est donc modifiée, à sa meilleure convenance, mais cela donne l’occasion au professeur qui n’est jamais là d’être de temps en temps présent. Plusieurs membres de l’équipe éducative ont suggéré une plus grande souplesse dans la fixation des dates : suggestion non retenue.

Un ordre du jour

Pas d’ordre du jour pour les réunions. Il arrive parfois que les sujets qui seront abordés soient écrits dans un carnet que les enseignants sont invités à consulter. Mais point de véritable ordre du jour, malgré des demandes répétitives justifiées par une envie d’intervenir de façon posée, à bon escient et après réflexion. Et des réponses telles que : « Nous ne sommes pas dans une entreprise privée ici, et donc pas d’ordre du jour ». Insistons. Réponse : « Vous n’allez pas m’obliger à travailler le soir pour faire un ordre du jour. » « Euh, je voudrais bien quand même. » « Bon... d’accord, mais disponible pour vous personnellement alors, et un peu avant la réunion. »
« Euh ??? et les collègues ? »
Ouf ! Un premier ordre du jour apparait dans le carnet. Ce sera le seul, parce qu’entretemps j’ai déplu. Je n’avais pas compris que l’ordre du jour, c’était comme un bon point. J’étais « sage », il y avait un ordre du jour, je ne l’étais pas, adieu l’ordre du jour.

Des divers

Au début de la réunion, la direction annonce les points à traiter. Cette présentation terminée, vient la question : « Quelqu’un veut-il ajouter un point dans les divers ? »
Gloups ! Tous les points qui ne sont pas suggérés par la direction appartiennent aux divers !
Cela donne lieu à des situations cocasses si on se place du point de vue de l’objet d’une école.

  • Points figurant à l’ordre du jour de la direction : le carnaval, la fête de l’école.
  • Divers :
    • Proposition d’une réunion pour déterminer les problèmes rencontrés dans les apprentissages et mettre au point des stratégies de construction des savoirs.
    • Quelles nouvelles d’une formation intéressant l’ensemble de l’équipe éducative et pour laquelle des informations ont été fournies à la direction deux mois auparavant ?
    • L’absentéisme important dans tel degré.
    • L’absence d’« exercice-incendie » depuis bientôt deux ans.
    • Attente, sur le trottoir, sous la pluie éventuellement, et sans surveillance des enfants qui arrivent avant l’ouverture des portes de l’école.

La répartition du temps consacrée à chacun des points est intéressante aussi. Il reste en général cinq bonnes minutes pour ce qui est dénommé « les divers ». Déjà la direction fait la moue : « On n’a plus beaucoup de temps ! »

Des décisions

Pendant la réunion, chaque point est assorti de la décision que la direction souhaite prendre. La parole n’est pas distribuée aux participants, elle est prise par quelques personnes toujours les mêmes. Bizarrement, demander la parole crée la surprise, voire l’inquiétude. Les interventions sont vécues avec stress par la direction. Il n’y a pas de vote sur les décisions. Le ou la secrétaire (chaque enseignant, à tour de rôle, par ordre alphabétique) de la réunion en remet le compte-rendu à la direction. Celle-ci le modifie à son gré, ne laissant apparaitre que les décisions finales, et surtout pas les points de vue contradictoires. Pas de résultats de vote non plus, puisque pas de votes.

Des comptes-rendus

L’intervention de la direction au niveau du compte-rendu peut aller jusqu’à « décider de qui est réellement excusé, qui ne l’est pas » (c’est elle qui a le droit de juger si le motif est valable ou pas, une lettre motivant l’absence à une réunion n’est pas nécessairement prise en compte, une absence pour consultation médicale aurait même dû être justifiée par un certificat médical). Cela peut aussi aller jusqu’à l’oubli volontaire d’un point de vue divergent qui aurait été soumis. Selon que le ou la secrétaire est nommé ou pas, montre les dents ou ronronne, le compte-rendu est le reflet plus ou moins fiable du contenu de la réunion. Il n’est généralement pas signé par son auteur. Il n’est jamais approuvé au début de la réunion suivante. Il est placé, parfois avec un ou deux mois de retard, si le ou la secrétaire est moins « flexible », dans une farde, avec obligation, pour chaque enseignant, de signer une feuille jointe à ce compte-rendu. Je suppose qu’apposer cette signature vaut accord et donc je ne le signe pas.